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JOANNA

”Appearances can be deceptive”. Joanna is at first fleetingly presented as an unidentifiable figure of indeterminate gender. She blends into the scenery. She seems a permanent fixture in the woods, as rooted as the trees. Sophie Mabille is drawn to Joanna by curiosity about the image of femininity she projects to the world. Over the months, the artist notes Joanna is always the same, yet somehow different. She is fascinated by the ambivalence of her subject, morphing from male to female. Sophie explores and asks questions, unsettled by Joanna’s confident femininity in contrast to her own…
As in her previous series, the artist uses flash even in broad daylight, generating an additional transformation through her photography. Joanna as subject becomes an apparition, just the way Sophie saw her before getting to know her.
In the course of several shoots over the following months, Sophie bears witness to Joanna’s metamorphosis. Her femininity transcends mere clothes and accessories, permeating her skin. However, Sophie Mabille does not seek to pin down her subject. She lets confusion abound in the mind of the viewer. Who is Joanna? Sophie makes no attempt to answer. These images raise the painful and complex question of identity. Through the medium of Joanna, Sophie is scrutinising herself, revealing herself to us.

The real mystery here is the person behind the camera.

Sophie Bernard, Managing editor, Images Magazine

JOANNA

« Il est des personnes dont l’apparence ne révèle pas l’identité ». C’est le cas de Joanna, qui est d’abord une silhouette, un corps non identifiable dont Sophie Mabille ne sait si elle doit dire elle ou il.
Joanna fait partie du décor. Elle est comme plantée dans le bois, tels les arbres, enracinée. C’est autant la curiosité qui conduit Sophie vers Joanna que l’image de la féminité que celle-ci renvoie au monde. Au fur et à mesure des mois, l’artiste constate que Joanna est à chaque fois la même, et pourtant différente. C’est d’abord un homme qui se change en femme. Cette ambivalence la fascine. Car à travers Joanna, c’est sa propre féminité que Sophie interroge, troublée par le fait qu’elle est plus affirmée que la sienne…
Comme dans ses séries précédentes, l’artiste utilise le flash, même si elle photographie en plein jour, opérant par l’acte photographique une autre transformation. De sujet, Joanna devient apparition, telle que Sophie l’a perçue avant de la connaître.

Au fil des mois et des rencontres Sophie a assisté à la mutation de Joanna. Désormais, sa féminité ne passe plus simplement par les vêtements et les accessoires mais par la transformation de son enveloppe corporelle. Pourtant, le propos de Sophie Mabille n’est pas documentaire. Elle laisse la confusion s’installer dans le regard du spectateur. Qui est Joanna ? Sophie ne cherche pas à répondre. Ces images soulèvent la douloureuse et complexe question de l’identité. A travers Joanna, c’est elle-même que Sophie regarde, et par conséquent nous montre.

Dès lors la véritable question est de savoir qui est derrière l’objectif.

Sophie Bernard, Rédactrice en chef, Images Magazine